L’engagement d’un bénévole au service de l’association

Cet engagement a permis d’être reconnu par la CRAM NORD PICARDIE qui a délivré un prix d’excellence.

Mon implication comme retraité bénévole au sein de l’association Au Pas de Cal’Anes

Je m’appelle Fernando VILAR, je suis né au Portugal le 26 septembre 1933, dans un village du Nord du Portugal du nom de Loivos. J’habite 5, rue du Bois à Saint-Sauflieu (80160). J’ai fui la dictature salazariste, à l’âge de 23 ans, au moment où se développait la répression à l’encontre de tous ceux qui apparaissaient suspects aux yeux de la P.I.D.E (Policia Internacional e de Defesa do Estado = Police Internationale et de Défense de l’Etat), présente partout. C’est dans ce contexte que je suis arrivé en France à pied, en 1956, dans des conditions extrêmement difficiles, en plein hiver, sous la neige.

Après plusieurs emplois précaires en région parisienne, j’ai été finalement recruté par l’Entreprise BOIDIN à Amiens comme ouvrier polyvalent (mécanicien, chauffeurs etc). La grande majorité des ouvriers était composée d’immigrés : Portugais majoritairement, cap verdiens, maghrébins. Ceux-ci m’ont demandé de les représenter comme délégué du personnel et comme délégué au Comité d’Entreprise. Ce premier engagement m’a fait prendre conscience de mon rôle pour obtenir des changements sociaux. Après un licenciement collectif pour des raisons économiques, je suis devenu artisan taxi à la gare d’Amiens. J’ai finalement pris ma retraite en 1997.

Ce rappel n’est pas inutile pour comprendre mon histoire personnelle et le pourquoi de mon engagement, progressivement, comme bénévole, au sein de l’Association Au Pas de Cal’Anes et ce, à partir de 2004. En effet, je peux dire aujourd’hui que le bénévolat ne se décrète pas, on le devient à travers des prises de conscience successives, notamment dans le service du bien commun.

J’avoue que mon départ en retraite m’avait plongé dans une profonde dépression du fait que, du jour au lendemain, je me suis retrouvé inactif. Connaissant M. Germain DEMONCHEAUX, actuel président de l’Association Au Pas de Cal’Anes, depuis de longues années, celui-ci m’a aidé à dépasser ce stade plus que douloureux de mon existence et à vaincre le vide qui en résultait. Il m’a dit, et je m’en souviens encore très bien « Pourquoi ne mettez-vous pas votre expérience et vos compétences au service des jeunes qui auraient besoin d’être épaulés dans leurs démarches d’insertion professionnelle ? » Et c’est ainsi que j’ai commencé le parrainage des jeunes vers l’emploi, en lien avec une association amiénoise. Le parrainage consiste à faciliter l’accès dans l’emploi de demandeurs d’emploi rencontrant des difficultés d’insertion professionnelle. Mon rôle était de les rencontrer, de les écouter, de faire le point avec eux, de les aider à résoudre certains problèmes et de les mettre éventuellement en relation avec des employeurs potentiels.

En janvier 2004, Monsieur DEMONCHEAUX m’a proposé de m’associer à la création d’une association, Au Pas de Cal’Anes, dont le but visait entre autres à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes du Pays du Ternois dans le Pas-de-Calais. J’ai donc continué activement mon activité de parrainage des jeunes, au sein de l’association ayant son siège 11, route de Vaulx 62390 – LE PONCHEL. Depuis cette date mémorable, je viens systématiquement tous les week-ends, ce qui représente mensuellement une soixantaine d’heures, me mettre à la disposition de l’Association. Sois pour les actions de parrainage, sois pour d’autres actions, en particulier, l’accueil des personnes du troisième âge qui se présentent pour participer à des randonnées avec les beaux ânes du Cotentin que possède l’association. Toutes les actions quelles qu’elles soient, concourent à l’insertion des jeunes qui y participent. Elles représentent un moyen diversifié et motivant, pour œuvrer à cet objectif

Les personnes retraitées aiment beaucoup s’entretenir avec les jeunes comme de les conseiller parfois ou les encourager dans leur démarche d’insertion professionnelle. Celles-ci peuvent d’ailleurs, éventuellement, s’engager, selon leur compétence, en faveur de ces jeunes.

Cet accueil des personnes du troisième âge s’est beaucoup développé. J’accompagne en randonnée des retraités dont nombre d’entre eux sont confrontés à un réel problème de solitude et d’usure prématurée de la santé, liée à une vie insipide. Je les accompagne, je les écoute et je les sensibilise à la beauté de la nature. Mon expérience les aide à ne pas vivre replier sur soi-même, mais au contraire à s’ouvrir à la vie.

Suite à un appel à projets 2005 de la Cram Nord-Picardie, les Actions Gérontologiques Innovantes, Monsieur DEMONCHEAUX m’a demandé mon avis pour préparer un projet d’animation en faveur des personnes âgées vivant à domicile, pour vaincre la solitude , maintenir le lien social et prévenir les effets du vieillissement. J’ai été heureux de me mettre au service de ces retraités, de tous âges, pour leur montrer comment, à travers cette action innovante, qui s’intitulait : « Conversations au pas de l’âne » ils pouvaient s’affranchir de cette solitude qui les marginalise socialement et qui les place dans un état morbide. Cette action qui s’est déroulée sur six mois, en 2006, a permis de toucher au total 797 retraités.

Par conséquent, mon engagement principal, à la demande des dirigeant de l’association Au Pas de Cal’Anes, est dorénavant d’accueillir les retraités qui souhaitent participer aux activités de l’association, de les éclairer sur la manière de participer à la vie sociale, de favoriser des rencontres intergénérationnelles. La présence des jeunes dans les randonnées au pas des ânes, aux côtés des personnes retraitées est une richesse qui fortifie le lien social. Tous les week-ends j’accueille donc des retraités dont le nombre varie selon les périodes, et je leur propose la randonnée pédestre, comme alternative à la solitude. Il faut dire que les ânes sont une réelle attraction et que cette attraction facilite la participation des plus hésitants.

Mon engagement au service des autres, sans contrepartie, m’a aidé à acquérir non seulement un réel bien-être mais aussi du bonheur que je souhaite partager avec autrui et spécialement les retraités : les seniors fragilisés par une rupture brutale avec la vie active, et les retraités plus ou moins jeunes. Nous recevons des hommes et des femmes du quatrième âge qui me confient leur enchantement en s’approchant des ânes et en les caressant à pleine mains. J’ai personnellement soutenu une vieille dame intrépide qui voulait à tout prix monter sur le dos d’un âne, croyant que cela lui porterait bonheur. Je lui ai mis à sa disposition, pour ce faire, un montoir, et elle a pu réaliser, avec mon aide, cette expérience inhabituelle. Tout s’est bien passé, mieux vaut l’indiquer, sous le regard ébahi des visiteurs.

En conclusion, mon engagement comme bénévole remonte à 1997 et à l’année 2004 au sein de l’Association Au Pas de Cal’Anes. Je n’ai jamais manqué une seule réunion de conseils d’administration ni non plus un seul rendez-vous avec les personnes retraitées, les week-ends. Je vis sereinement aujourd’hui, grâce à cet engagement désintéressé facteur de renaissance.

Fait le 23 avril 2008

Fernando VILAR


Forum

  • L’engagement d’un bénévole au service de l’association
    22 mars 2010, par Djamal
    Cher ami, Ton témoignage m’a beucoup impressionné, rares sont les hommes altruistes et engagés comme toi. Je te souhaite une très bonne continuation. Passe le bonjour à germain et à toute l’équipe. Malheureusement, je n’ai pas assez de toi comme toi pour m’investir autant. djamal.
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